Regards CGT Journée Nationale du Refugié

Publié le par mga-cag

REGARDS CGT

MARDI 20 JUIN : JOURNEE NATIONALE DU REFUGIE

A St-Lô, France Terre d’Asile et le CADA ont fait du 20 juin une grande journée portes ouvertes afin de parler des réfugiés. Qu’ils soient angolais, ukrainien, tchétchène ; qu’ils fuient la guerre civile, la révolution ou la guerre, la France est pour eux une terre d’asile.

 Pour les enfants cependant, le mois de juin pourrait être celui de l’expulsion. En effet, le 30 juin le sursis que Mr. Sarkozy avait dû accorder aux jeunes majeurs sans papiers scolarisés tombera. Suspendues parce que les mobilisations d’écoles et de lycées se multipliaient, les expulsions reprendront. Ainsi, en guise de vacances, des milliers de jeunes et d’enfants joueront aux fugitifs, en vrai, avec ou sans leurs parents, guettant les bruits de pas à l’heure du laitier, tremblant à la vue d’un uniforme et vivant dans la hantise de perdre à jamais, leurs enseignants, leurs copains. S’ils sont arrêtés, le grand jeu de leur été sera un petit rôle dans un film policier sordide : l’interpellation, seul ou en famille, les parents rudoyés, 48 heures de garde à vue dans une cellule de commissariat puis deux ou quatre semaines en rétention, crasse, bruit, violence et promiscuité assurés et, pour finir, un aller-simple vers un pays qu’ils ne connaissent pas ou plus la langue, papa-maman menottés, entravés comme des bêtes et attachés à leurs sièges.

A l’arrivée, ce sera pour la plupart l’extrême misère : pas de logement ou le bidonville, pas de travail et pas d’espoir d’en trouver. Des persécutions, parfois les plus atroces, contre ceux que la France a débouté du droit d’asile. Ils paieront  pour les raisons pour lesquelles ils avaient fui et certains pour avoir dénoncé leurs tortionnaires  à l’étranger. . Pour les enfants, pas d’école, dans les pays où la scolarisation est un luxe. C’est ce gâchis qui se cache derrière les chiffres records d’expulsions annoncés avec satisfaction par le Ministre de l’Intérieur : des milliers de vies propulsées dans l’indigence et parfois achevées sous la torture !

Nous ne laisserons pas détruire la vie de ces enfants, de ces adolescents et de leurs parents. Ils sont nos élèves, les copains de nos élèves ou de nos enfants. Ils ont commencé d’étudier dans ce pays, ils en parlent  la langue, ils ont les mêmes joies et, hélas, des soucis bien plus grands que les camarades de leur âge. S’ils décident d’échapper à une expulsion  honteuse, nous les y aiderons. Nous sommes solidaires de ceux qui les accueilleraient. S’ils demandent asile, nous ne fermerons pas notre porte.

Cela contrevient aux lois en vigueur. Mais l’enseignement que nous avons à dispenser à nos élèves ou l’éducation que nous devons  à nos enfants ne peut pas être l’exemple de la soumission à un ordre injuste. Chacun a en mémoire les épisodes où face à des persécutions insupportables, chacun a dû faire ses choix. Et où ne pas choisir était choisir de laisser faire. Et pas seulement dans les périodes de dictature. Rosa Parks, emprisonnée à Memphis en 1951 pour avoir enfreint les lois ségrégationnistes aurait-elle dû se soumettre au prétexte que ces lois avaient été « démocratiquement » prises ? Le général Paris de la Bollardière, mis aux arrêts pour avoir dénoncé  les tortures de l’armée française en Algérie, aurait-il dû se taire parce que la France était une démocratie ? Nous ne laisserons pas se commettre des infamies en notre nom.

Le 20 juin 06, Union Locale CGT Coutances et  coutançais- Ursen CGT

REUNION MARDI 20 JUIN A 20 H30
A L'ESPACE JEUNES (FJT)
RUE MESSAC
SOUTENONS LE COMITE ANNE GENEVIEVE
 

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