Ouest France du 03 juillet 2006 (suite)

Publié le par hl-mga-cag

Enfants sans papiers :

       associations mobilisées

Trois collectifs de soutien aux enfants sans papiers scolarisés dans la Manche ont été reçus samedi en préfecture. Ils veulent une régularisation.

Quarante-quatre associations, syndicats ou partis manchois, étaient représentées samedi, à Saint-Lô, pour demander audience au préfet de la Manche (Dimanche Ouest France d’hier). Ces 44 organismes, regroupés en trois collectifs de Coutances, Cherbourg et Saint-Lô, ont été reçus par le directeur de cabinet du préfet, Raymond Yeddou, récemment arrivé dans la Manche. « Cette démarche collective a pour but d’obtenir la régularisation de parents étrangers d’enfants scolarisés dans la Manche». Une autre manifestation était organisée samedi à la sous-préfecture de Cherbourg.

Le second objectif de ces trois collectifs était de remettre au préfet les 2830 signatures collectées dans le Coutançais, en soutien à la famille Lepikhov. Cette famille de sans-papiers, et leurs enfants scolarisés, risquent l’expulsion, explique Youri Tinard, enseignant CGT à Coutances, et porte-parole, samedi, des trois collectifs. Une pétition en faveur de la famille Sane était prévue dimanche à Cherbourg-Octeville. A Tourlaville samedi 17 juin, a eu lieu le baptême républicain de la famille Mafundamene. Une famille serait également suivie à Carentan.

Rassurer les enfants

Au total, dans le département, quinze familles seraient actuellement concernées. Un courrier vient d’être envoyé à ces familles, confirme le directeur de cabinet, contacté samedi soir et qui cite le chiffre de neuf familles. Elles ont deux mois pour choisir entre un retour au pays, financièrement aidé, ou constituer un dossier de régularisation pour autant qu’elles marquent des signes forts d’intégration, tels, par exemple, que la maîtrise du français, la recherche d’un emploi, un logement. Et Raymond Yeddou de garantir qu’il n’y aura pas d’expulsion durant l’instruction des dossiers.

Nombre de «parrains» de famille sans papiers expriment une forme d’angoisse « à l’idée de transporter un enfant dans leur voiture durant les vacances d’été et d’être contrôlés inopinément par les forces de l’ordre». Crainte d’une éventuelle peine de prison, crainte d’une forte amende, interrogation sur le devenir de l’enfant sans-papier... autant de besoins d’être rassurés. «Si nous sommes nous-mêmes rassurés, nous pourrons aussi rassurer les enfants que nous voulons aider». Le directeur de cabinet se fait fort de «garantir qu’il n’y aura pas d’expulsion durant toute la période d’instruction des dossiers».

 Michel LE JEUNE. Ouest-France du 3 juillet 2006

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