REUNION DU MARDI 25 JUILLET 2006

Publié le par mga-cag

Le Comité Anne-Geneviève reste VIGILANT

Comme chaque mardi soir depuis le 13 juin le comité Anne-Geneviève a tenu sa réunion ce mardi 25 juillet 2006.

Le dossier de demande de régularisation est entre les mains du Préfet et nous attendons la réponse.

En signant la pétition en faveur du maintien de la famille LEPIKHOV à Coutances près de 3000 personnes ont manifestées leur soutien, merci à tous.

La famille Lepikhov manifeste une réelle volonte d'intégration et un groupe de travail pour la recherche d'emploi, constitué par des membres compétents et disponibles du comité, continue à travailler avec Dimitri Lepikhov sur son projet d'insertion professionnelle.

Dimitri est prêt à étudier toute proposition et les entreprises interéssées par sa candidature sont priées de se manifester auprès de Monsieur Brecville au 02 33 45 32 51. Bien entendu, une embauche ne pourra se faire qu'après l'obtention du titre de séjour, néanmoins une promesse d'embauche peut être signée avant.

Le système de veille durant les vacances scolaires fonctionne et le comité reste vigilant. Les personnes intéressées peuvent se joindre à la réunion-permanence hebdomadaire chaque mardi de 20 h 30 à 21 h au FJT à Coutances.

 

Publié dans NOUVELLES DU COMITE

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La circulaire du 13 juin, insatisfaisante pour les sans-papiers, n'est qu'une façon pour Nicolas Sarkozy de restaurer son image.
 


Une politique brutale et xénophobe
 

Par Pierre CORDELIER, Jean-Michel DELARBRE
 

QUOTIDIEN : Lundi 31 juillet 2006 - 06:00
 

Pierre Cordelier (SUD éducation) et Jean-Michel Delarbre (Ligue des droits de l'homme), membres du Réseau éducation sans frontières (RESF).
 


Le ministre de l'Intérieur, accusé d'organiser la chasse à l'enfant par un nombre sans cesse croissant de citoyens (plus de cent mille personnes ont signé la pétition «Nous les prenons sous notre protection»), voulait restaurer son image et calmer le jeu face à une mobilisation unie contre l'immigration jetable organisée par son projet de loi Sarkozy 2 et face à une solidarité grandissante avec les jeunes menacés. Il a mis en place un contre-feu, la circulaire du 13 juin, et a nommé un médiateur chargé d'en contrôler l'application.
 

La volonté affichée était de montrer à la fois fermeté et humanité. On comprend mieux aujourd'hui la composition de ce cocktail improbable : un zeste d'humanité pour cinq volumes de fermeté. Le médiateur se laisse maintenant oublier après avoir convaincu rapidement de sa propension à parler sans savoir et en ignorant les associations _ notamment le Réseau éducation sans frontières, dont l'action acharnée avait conduit à deux assouplissements successifs de la politique ministérielle. Et la circulaire se révèle être ce que nous avions dénoncé : une régularisation insuffisante et discriminatoire, une menace potentielle pour bien des étrangers.
 

Certes, des familles vont être régularisées. Plus nombreuses d'ailleurs que ne s'y attendaient les services préfectoraux, débordés par l'immense espoir soulevé parmi les étrangers qu'on maintenait depuis des années en situation irrégulière. Mais combien d'autres n'ont pu faire acte de candidature ou seront rejetées, dont les «attaches avec la France» n'étaient pas moins réelles. Quid des familles dont l'un des membres est en situation régulière et dont le conjoint ou l'enfant n'obtiendront jamais le regroupement familial ? Quid  des célibataires que la loi Sarkozy 2 va priver à vie de tout espoir de régularisation ? Quid des jeunes scolarisés entrés après 13 ans qu'on va continuer à expulser à leur majorité ? Quid des familles sans enfants et de tous ceux, déboutés du droit d'asile ou non, qu'on continue à renvoyer sans états d'âme vers les situations de misère ou de violence qu'ils avaient réussi à fuir ?
 

Derrière le rideau de fumée de la régularisation Sarkozy, les expulsions continuent, qu'il s'agisse de célibataires, de familles ou de jeunes scolarisés. Dire aujourd'hui, contrairement à ce qui avait été annoncé par la préfecture de Paris, que les critères de régularisation sont cumulatifs, oser annoncer, avant même leur examen, que 70 % des dossiers seront refusés, cela signifie pour des milliers de familles qui ont posé leur demande dans le cadre de la circulaire du 13 juin rester dans le non-droit et l'angoisse quotidienne. Elles doivent toutes être régularisées. Et les horreurs que nous constatons _ une mère de famille privée de la possibilité d'allaiter son enfant, des Tchétchènes reconduits vers ce pays sûr qu'est la Russie, etc. _ ne sont pas des accidents de parcours, mais bien les indices d'une politique brutale aux relents xénophobes que la nouvelle loi Sarkozy va contribuer à multiplier, en limitant de façon drastique les possibilités de recours et de défense.
 

Et pourtant, la France change : beaucoup ont pris conscience, à travers les campagnes menées, que l'étranger n'est pas forcément une menace, mais notre voisin, un parent d'élève de notre école, un travailleur dont l'activité est indispensable...
 

C'est pour s'opposer à des politiques successives inhumaines, sans cesse durcies _ et la loi Sarkozy récemment votée est une honte pour un pays qui s'enorgueillit d'être «le berceau des droits de l'homme» _, que fut créé, en juin 2004, le Réseau éducation sans frontières, à l'initiative d'enseignants. Des enseignants témoins des dégâts, sur leurs élèves enfants de sans-papiers, des discriminations dont étaient victimes leurs parents, et, pour cela, engagés aux côtés des sans-papiers dans leur lutte pour la dignité et le respect de leurs droits fondamentaux (sur les questions du refus de scolarisation, du logement, du saturnisme et, bien sûr, des papiers). Dès sa naissance, RESF a dit, sans ambiguïté, que son action faisait partie intégrante de la lutte générale des sans-papiers. Par la sensibilisation de l'opinion publique, par les reculs obtenus, cette action a drainé des gens qui ne se souciaient pas auparavant de la question des sans-papiers et qui nous ont rejoints dans la lutte commune.
 

Mais une lutte efficace contre la politique répressive du ministre de l'Intérieur passe forcément par le rassemblement : sans-papiers, forces politiques et syndicales, associations, collectifs locaux de toute nature, élus, citoyens, l'urgence est de lutter ensemble pour une régularisation de tous les étrangers sans papiers vivant parmi nous et pour une politique de l'immigration plus généreuse, ouverte et digne.
 

 
 
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